Un siècle de 11 novembre

Cette semaine se finit la commémoration du centenaire de la Première guerre Mondiale, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne se finit pas très bien. Les approximations historiques et les polémiques politique se multiplient ; les différentes visions de cette guerre s’affrontent, entre défenseurs de Pétain, défenseurs de Joffre et défenseurs des morts.

Depuis un siècle, il existe un consensus sur l’inutilité de cette guerre et le gâchis monumental qu’elle fut. Egalement, depuis un siècle le maréchal Pétain est présenté comme le vainqueur de Verdun et le maréchal Joffre comme celui de la guerre, deux héros nationaux construits après-guerre dans une nation ayant besoin de héros pour se reconstruire. Mais au fond, est-ce qu’on n’en aurait pas rien à faire de ces deux-là ?

Depuis un siècle aussi, les pacifistes en tout genre rappellent le gâchis incroyable de cette guerre, ses millions de morts, de blessés, ses conséquences catastrophiques, etc. Cela dénote l’affrontement de deux visions de l’Histoire de la Première guerre Mondiale. La vision de ceux qui célèbrent les généraux, les bouchers ; et ceux qui se rappellent des morts. C’est la vision d’une bourgeoisie et d’une élite face à une vision populaire.

Ces maréchaux, ceux qui ont été appelés des « héros » dernièrement, envoyant des millions d’hommes, et de femmes, à la mort sont aussi coupables d’autres actions. Ils sont également coupables des assassinats des hommes qui refusaient de mourir pour rien. Ceux que l’on nomma les mutins, qui se rebellèrent face à des autorités outrancières et qui refusèrent de se battre pour rien. Ceux-là furent fusillés sur ordre des maréchaux. Ces maréchaux et généraux qui se lancèrent dans une guerre à outrance, sacrifiant les hommes, sont aussi responsables des millions de morts civiles de cette guerre. Ces hommes sont responsables d’une catastrophe humaine.

Quand un président de la République déclare que le maréchal Pétain fut un « grand soldat. » c’est odieux. Quand un responsable de l’opposition lui répond que c’est le maréchal Joffre qui en est un c’est odieux. Quelqu’un qui se risquerait à dire que le maréchal Foch était un héros serait odieux. Les grands soldats et les héros sont les millions de morts, de blessés, de gueules cassées, de traumatisés. Ce sont ceux qui ont fait la guerre et qui l’ont vécue, et pas depuis des salons.

Alors commémorons. Alors souvenons-nous. Souvenons-nous des morts, de tous ceux qui sont morts pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs. Souvenons-nous de ceux morts au nom d’intérêts coloniaux, impérialistes, nationalistes et financiers. Souvenons-nous de ces paysans et paysannes, de ces ouvriers et ouvrières, de ces instituteurs et institutrices, de ces tirailleurs sénégalais qui étaient d’ailleurs loin d’être tous sénégalais. Souvenons-nous de ces morts qui font partie de nos familles. Mais ne célébrons pas les bouchers.
Souvenons-nous d’eux, et chantons comme eux chantaient.

« Ceux qu’on le pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève,
Mais c’est fini, car les trouffions,
Vont tous se mettre en grève,
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur le plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez là de votre peau.
 »

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