Mad Max Fury Road, un chef d’œuvre ?

D’abord, qu’est-ce que Mad Max ? Il s’agit d’une licence de trois films produits entre 1979 et 1989 tous réalisés et tous plus ou moins écrit par George Miller. La série est surtout connue pour son deuxième opus, Mad Max II The road warrior. Arrivant après un premier Mad Max plutôt cool se plaçant dans une société dystopique en plein déliquescence nous racontant comment Max Rockatansky devient fou et avant un Beyond the Thunderdome sympa mais rempli de bons sentiments (des enfants avenir du monde, sérieux ?) ; Mad Max II a marqué les esprits. C’est de ce film que découle une

Mad Max 2 The Road Warrior.jpg
Mad Max II The Road Warrior

grande partie de l’imagerie post-apocalyptique de Mad Max, voire de l’imagerie post-apocalyptique tout court. Avec ses étendues désertiques, un vent continu, le combat pour les ressources, des adversaires habillés avec les codes du SM, la vacuité de ces combats, etc. Mad Max II a à sa sortie en 1981 choque par sa violence, par ses thèmes, par son esthétique et marque le cinéma.

Et puis après Mad Max III, pendant 30 ans, plus rien. De loin en loin le projet de faire un quatrième film revient, George Miller réalise Babe 2, les Happy Feet, et moi j’attends désespérément le milieu de mon adolescence pour avoir le droit de regarder ces films dont on m’a tant parlés.

En 2012 néanmoins, le tournage est commencé et le film annoncé pour 2015. Il s’appellera Mad Max Fury Road, sera toujours réalisé par George Miller et Mel Gibson (jusqu’alors interprète de Max) est remplacé par Tom Hardy et il sera accompagné de Charlize Theron. Beaucoup de bonnes nouvelles d’un coup, d’autant plus que j’ai enfin pu regarder les trois premiers et que je les ai beaucoup aimé. En 2015 donc je suis au cinéma pour voir ce nouveau film avec pas mal d’appréhension, même si les bandes annonces m’avaient plu et que les critiques étaient dithyrambiques. Le film commence et VROUM-VROUM, grosses voitures, masques, course-poursuite, cuir, flammes, désert, camions, explosions, bagarres, tempête, pause. Motos, femmes, eau, lait, rédemption, balles, Max, Furiosa, nuit, et tout recommence. Le film m’a littéralement roulé dessus, m’a mis des baffes et c’est le premier film que je suis retourné voir plusieurs fois au cinéma.

En dehors de mon ressenti personnel, en quoi ce film est-il un chef d’œuvre ? Beaucoup lui ont reproché de n’être qu’une course-poursuite sans intérêt de deux heures. C’est passer à côté de l’essentiel du film.

D’un point de vue technique premièrement le film est une réussite. On pourrait en prendre comme exemple le fait que cette course poursuite sur deux heures nous prend aux tripes par son rythme, sa réalisation, sa musique et son montage. Mais George Miller réutilise globalement toutes les bonnes choses des années 1980 du cinéma (le montage accéléré lors des scènes à l’intérieur de la Citadelle d’Immortan Joe, les cascades majoritairement faites réellement, les zooms et dé-zooms) et toutes les bonnes idées des années 2010 (l’utilisation d’images de synthèse, etc). Les couleurs du film aussi ! La gestion de la photographie du film est parfaite ; Le meilleur exemple est toute la séquence en nuit américaine (tournage de jour et rajout d’un filtre en post-production pour donner l’impression d’une nuit) qui donne au film une nouvelle esthétique, glauque, tordue tout en laissant l’action parfaitement lisible. On pourrait aussi parler de la bande originale de Junkie XL qui s’accorde parfaitement à chaque scène du film. Techniquement le film est une réussite.

Mais là où tout le génie du film se concentre c’est dans la simplicité du scénario et la

Mad Max Fury Road
Charlize Theron (Furiosa) et Tom Hardy (Max)

complexité du propos. En effet, on comprend en quelques minutes les enjeux du film mais aussi toutes les thématiques qu’il aborde. La répartition des ressources, la répartition des biens (selon les besoins), l’écologie, le féminisme, la violence, la rédemption, la folie, le fanatisme religieux, les pouvoirs autoritaires, les révolutions, l’entraide, l’accumulation de richesse, etc. Tant et tant de thématiques qui rendent Fury Road profond, lorsque le scénario pourrait se résumer à « Max se retrouve prit contre son gré dans la poursuite par un dictateur de ses « épouses » qui cherchent à lui échapper avec l’aide de sa générale préférée,» la richesse de l’univers de Fury Road nous explose au visage et nous emmène vers des thématiques bien plus large au détour d’un plan, d’une phrase, d’un regard.

Enfin la dernière chose qui rend ce film génial c’est que le héros de ce film n’est pas Max, mais l’Imperator Furiosa, basculement qui marque la défaite symbolique d’un héros masculin et individualiste face à une héroïne féminine et individualiste. Mais c’est l’alliance des deux qui, au nom d’une survie qui passe nécessairement par l’entraide, agira pour le bien commun.

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