Fast fashion : fléau de l’immédiateté

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Depuis plusieurs années nous sommes nombreux à avoir pris la décision de remettre en question nos modes de vie et notamment notre manière de consommer. Cette démarche est louable car elle nous encourage à préserver à la fois l’environnement et l’humain, sous condition que ce dernier ait conscience de la réalité qui l’entoure. Néanmoins il est malheureusement rare que ce soit le cas : pris dans le tourbillon du quotidien il nous est difficile de faire preuve de recul quant aux éléments les plus essentiels de la vie comme se nourrir, se vêtir et se loger. Notre subjectivité nous empêche de percevoir les choses d’un angle différent alors qu’il est pourtant urgent de le faire dans certains cas. Nous allons aujourd’hui nous pencher sur celui de la fast fashion, néologisme désignant le renouvellement extrêmement rapide des collections au sein d’enseignes d’entrée de gamme telles que  Zara, H&M ou encore Primark.

Il est primordial de commencer cette analyse en soulignant le fait que d’un point de vue économique, la fast fashion représente une stratégie de vente salutaire pour les marques. Le concept qui a littéralement explosé il y a une décennie de cela est aujourd’hui couronné de succès et considéré comme véritablement révolutionnaire. En effet, sa capacité à reproduire les nouvelles tendances en un temps record permet d’assouvir les besoins stylistiques des plus férus de mode à un prix largement abordable et ainsi de créer un nouveau marché. Le revers de la médaille a une incidence, vous devez vous en douter, sur  la planète.

Établir un discours pro-écolo n’est pas l’objectif ici car le simple fait de citer ces quelques chiffres vous donnera une idée du gâchis et de la dégradation qu’engendre ce marché : Zara élabore actuellement 8 collections par an, H&M vend à lui seul 600 millions de vêtements, cette industrie est la plus polluante au monde juste après celle du pétrole. Consommer la mode en 2018 est majoritairement synonyme de crise environnementale. Il est complexe de recycler les matériaux utilisés afin de produire les pièces, la plupart ne disparaîtront pas avant 30 ou 40 ans. Dans le cas où ils seraient incinérés, alors une grande quantité de CO2 se propagera dans l’atmosphère accentuant par la même occasion le réchauffement climatique.

Afin de contrer ce phénomène nuisible à l’image de marque, certains labels tel que H&M ont tenté montrer un attachement à une mode plus éthique et respectueuse de l’environnement en développant des collections éco-responsables imaginées à partir de matières bio ou recyclées. Une belle initiative mais qui ne fait de toute évidence pas le poids face aux conséquences engendrées par leurs 600 millions de vêtements produits dans le monde…

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Alors quelles sont les solutions possibles afin de résoudre (ou du moins apaiser) le problème ? Pour cela il est nécessaire de regarder celui-ci d’un angle nouveau, c’est-à-dire ne pas seulement jeter la pierre aux marques mais également à la principale cause de cette situation : nous-mêmes. Nous pouvons établir un lien avec le processus de l’offre et de la demande, en effet il y a 50 ans nous n’achetions que 25 vêtements par an et par personne contre 80 aujourd’hui. Ce phénomène de surconsommation parfois injustifié n’a fait qu’accentuer l’essor d’une mode « jetable » que l’on achète en abondance. La conclusion que nous tirons de cela est telle que les marques continuent de produire justement car nous en redemandons encore et encore ! Il est donc naturel de penser que si la demande diminue, l’offre diminuera par la suite.

Alors comment s’y prendre ? La clé réside dans un mantra que chacun de nous devrait adopter dans les années à venir : consommer moins et mieux. Ce changement très simple relève peut-être de l’utopie pour certains, mais il est fort heureusement facilité avec l’arrivée de marques respectueuses pour notre planète (et en tout point cette fois), calquées sur la très sollicitée démarche du « manger mieux et de saison ». Ayant compris que les ressources de la Terre n’étaient pas sans fin, le jeune label Rive Droite Paris a par exemple décidé de lancer une ligne de sacs et pochettes fabriquées à partir de matières recyclées afin de donner une seconde vie aux chutes de tissus tout en respectant l’environnement. Des valeurs et un engagement qui devraient impérativement servir d’exemple à suivre aux entrepreneurs en herbe.

Nous avons la possibilité de faire évoluer les choses vers le mieux en remettant en cause quelques-unes de nos habitudes. Il ne s’agit pas de tout chambouler en prenant des mesures drastiques, mais de comprendre qu’effort après effort nous pourrons atteindre notre objectif de consommer de manière plus saine.

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