Qui suis-je ?

Aujourd’hui, lundi 15 janvier, jour de lancement de notre merveilleux projet qu’est Le Claque, et plus accessoirement de « Le Média » (mais n’y voyez aucune coïncidence), je me lance donc dans la rédaction de mon premier article.

J’ai eu beau m’y prendre (un peu) en avance, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un thème. Je me suis posé pas mal de questions, sur ce qui m’intéresse, ce qui me motive, ce qui me définit, en vain. Et là, une question subsidiaire mais beaucoup plus intéressante (pour moi en tout cas) m’est apparue : comment se définit-on ? La question n’est pas avec quoi, mais bien comment.

J’ai donc décidé d’aborder la question de la définition du soi. À travers les cultures, par exemple.

Ce sujet touche à de la psychologie sociale. En bref, si l’on me demandait de me définir je donnerais mon prénom, mes études, mes hobbies, quelques traits de caractères… soit des informations propres à mes attributs personnels, ce que l’on rapprocherait de l’identité personnelle. Puis, je pourrais donner d’autres informations: mon sexe, mon âge, ma nationalité, mon appartenance éventuelle à un groupe de personnes (un club de pétanque, une association, etc.), des informations qui touchent plus aux groupes/catégories sociaux/sociales dont je fais partie : on touche ici à l’identité sociale.

Maintenant, si l’on te demandait de parler de toi, que dirais-tu ? Je t’invite à te poser la question et à répondre le plus spontanément possible. Essaie de trouver 10 réponses à la question « qui suis-je » et compte ensuite la proportion des réponses qui touchent à l’identité personnelle ou à l’identité sociale. Garde le résultat en tête et fais-en ce que tu veux quand tu liras la suite de l’article.

Ce petit exercice du « Qui suis-je » [1] a en fait servi de base pour une grosse étude sur la notion du soi à travers différents pays. Les résultats ont montré qu’en Occident, les personnes testées privilégient les attributs personnels pour se définir (qu’ils utilisent à 85%) plutôt que les caractéristiques relatives aux appartenances. L’intéressant (enfin, à mon sens) est que l’on constate qu’en Asie, les participants ont aussi utilisé une majorité de traits personnels mais tout de même moins (70%) et que, quand l’étude à été répliquée chez des étudiants aux États-Unis et en Chine, on a constaté que les étudiants américains n’utilisaient presque que des traits personnels tandis que les étudiants chinois eux, n’utilisaient presque que des traits relatifs à l’appartenance.

Plus généralement, on peut dire que les membres de sociétés individualistes (les cultures occidentales dans l’étude précédente) se définissent plus à l’aide d’un soi indépendant, stable, séparé du contexte social, qui a pour but l’affirmation personnelle, l’indépendance vis à vis des autres. tandis que dans les sociétés collectivistes (donc les cultures asiatiques dans l’étude), c’est le soi interdépendant qui domine : il est relié au contexte, donc plutôt flexible, et vise l’appartenance à un groupe comme accomplissement [2]. Ce sont deux conceptions différentes du soi qui traduisent deux façons d’exister réellement distinctes.

Tout cela illustre le fait que le concept de « soi » varie en fonction des cultures, et c’est ça que j’ai aimé apprendre. Car on imagine facilement que si cela peut varier autant avec les cultures, alors beaucoup de choses  le peuvent aussi. Des choses aussi grandes qu’on oublie qu’elles existent, mais qui sous-tendent telle ou telle façon de voir la vie et de la vivre. Et ça c’est beau, parce que ça remet tout en question.

[1] Test mis au point par Kuhn et Mc Partland en 1954.

[2] Markus et Kitayama, 1991

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